juin 1940 Eure : souvenirs du commandant Marcel DONES .

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Europe juin 1940 Eure : souvenirs du commandant Marcel DONES .

Message par blairal1 le Dim 3 Déc - 0:56

7 Juin

Nous arrivons à Ronchois au cours de la matinée. Le Maire m’apprend que les chevaux de dragons sont partis la veille au soir, à minuit. Il ne peut que m’indiquer la direction dans laquelle ils sont partis. Je pars pour Forges les Eaux, où je perds leur trace. Matinée décevante. Malgré tous mes efforts, je n’ai aucun renseignement précis.

Un gendarme me dit avoir vu des chevaux qui se dirigeaient vers Sarcy. Je pars pour Sarcy, où je trouve des Anglais qui mettent des dispositifs de mine en place. Un garde champêtre me dit que des chevaux sont dans le bois, qu’il me montre. Il s’agit du bois Leborgne que j’atteins rapidement: les chevaux haut le pied sont bien là. Le Colonel, très ému, me dit que je suis le seul à avoir rejoint. Son inquiétude est grande sur le sort du Capitaine Levêque, du Lieutenant Fresson qui, après de nombreuses péripéties aussi tragiques que celles que j’ai connues, pourront nous rejoindre avec une poignée d’hommes.

8 Juin

Dans la nuit du 7 au 8 Juin, nous quittons le bois Leborgne. Le régiment hélas, a beaucoup de chevaux et peu de combattants. Les garde-chevaux constituent le gros du régiment.

Avec le Commandant Beauchamp, je précède la colonne pour l’orienter. Il fait une nuit noire; sur les routes les réfugiés, nombreux, se soucient peu des mouvements de troupe. Ils roulent en plein milieu de la chaussée, craignant de verser leur précieux chargement dans le fossé et ce n’est qu’en les menaçant que je réussis à les faire appuyer à droite.

Dans la journée du 8 nous bivouacons dans un bois, au Nord de la Seine, à proximité du pont de Andé. A peine sommes nous installés au bivouac que l’ordre de nous préparer à repartir nous parvient. Nous avons faim; avec le Commandant Beauchamp nous décidons d’aller dîner dans un restaurant, d’ailleurs fort sympathique, non loin de la Seine, qui en temps de paix, devait attirer de nombreux parisiens. Une auto mitrailleuse anglaise stationne devant la porte. Nous entrons dans la cour du restaurant. Nos Anglais auto-mitrailleurs, en véritables touristes qu’ils sont même en temps de guerre, sont confortablement installés sous les parasols rouges et blancs qui se dressent au dessus des tables. La bière -de la bonne bière dont nous avions oublié le goût et la couleur depuis longtemps- est servie par de charmantes serveuses. La gaieté règne dans la maison. Nous oublions la guerre et l’ennemi, cependant, est à nos trousses. Nous entrons dans la salle.à manger et faisons un excellent repas, malheureusement trop rapidement expédié.

A minuit, toute la brigade arrive au pont de Andé. Celui-ci est tenu par des hommes du génie. Des dispositifs de mine ont été mis en place, des rails de chemin de fer piqués dans le sol ferment le pont. Nous marquons un bon temps d’arrêt. La consigne est formelle: la circulation n’y sera rétablie que le lendemain à partir de 6 Heures du matin. Devant une situation aussi grotesque, le Général Maillard fait demander l’Officier chargé de la garde du pont, les rails sont enlevés, nous franchissons la Seine.

Il est une heure du matin.

9 Juin

Nous prenons la route de Louviers et arrivons à Pinterville où le régiment stationnera. Nous pensons tous que nous aurons un repos bien mérité et que des renforts nous seront envoyés. Nous nous employons donc à nous installer aussi bien que possible.

Mon escadron est cantonné au Château de Monsieur Fayard, Editeur à Paris.

La maîtresse de maison me reçoit fort aimablement et met à ma disposition une chambre magnifique avec cabinet de toilette. Mes bagages arrivent. Un peu de toilette, je me couche: le lit est confortable, les draps sont blancs, quel délice pour moi qui depuis longtemps ai couché à la belle étoile. Le sommeil ne vient pas. On frappe, la porte s’ouvre; devant moi, se dresse le Colonel. La situation est plus grave que nous ne le pensions, je suis convoqué au P.C à Pinterville. Des ordres brefs: il faut repartir sur la Seine!

10 Juin

Je reviens au Château, donne des ordres et rejoins le Colonel qui a porté son P.C au Château d’Ailly.

Deux groupements sont formés avec ce qui reste du régiment.

Le Capitaine Levêque a sous ses ordres le 1er groupement, 2 pelotons: Fresson La Fonta, des pionniers anglais, des pionniers français. Mission: occuper Venable et la voie ferrée à l’Ouest.

J’ai sous mes ordres le 2ème groupement qui comprend des Anglais déjà installés sur le terrain au Nord de Venable, 1 GM, 3 canons de 25, 1 peloton (Adjudant chef Gigon). La mission qui m’incombe est de pousser jusqu’au tunnel au Nord de Venable, de chercher la liaison à l’Est avec le 4ème Hussards et de m’opposer au franchissement de la Seine par les Allemands.

A Venable, où j’arrive le premier en side-car, je vois le Colonel. L. Officier de cavalerie venant du dépôt d’Evreux et chargé d’organiser le secteur. En fait, il a fait peu de chose il m’accueille en disant: "voici la relève", sa voiture est dirigée dans la bonne direction, il n’a visiblement qu’un souci, partir au plus tôt. Je lui demande de me mettre au courant de la situation. Son sous-officier adjoint lui passe des cartes, un discours commence alors qu’une reconnaissance sur le terrain serait plus utile. Ce Colonel m’agace; devant une situation grave j’estime que ce n’est pas le moment de palabrer. Il faut faire vite, je prends congé; il faudra que je me débrouille seul!

Le Colonel monte en voiture et part!...

L’adjudant-chef Gigon est là, je lui donne des ordres. Avec son peloton, il part dans la direction du tunnel mais, à peine sorti du village, il est arrêté par le feu ennemi. je ne fais qu’un bond, rejoins Gigon et prends les dispositions qui s’imposent. Les AA sont mises en place, les Anglais qui sont là, une trentaine, n’ont qu’une envie: partir au plus tôt. Je donne une mission à l’interprète mais n’obtiens aucun résultat. L’interprète est un jeune brigadier-chef français, pauvre figure de soldat d’opérette au casque trop grand et aux cheveux trop longs. L’officier anglais prétend qu’il a des ordres de repli. Je lève la voix, donne des ordres, il faut tenir. Le groupe de mitrailleurs Barker arrive, je le place moi-même. Au loin, je vois distinctement les Allemands qui franchissent la Seine à l’aide d’un bac (à Muid) qui est resté de leur côté! Gigon se dépense sans compter, il est à mes côtés et trouve que je m’expose trop -"Baissez-vous mon Capitaine, vous allez vous faire descendre", me dit-il. Je reviens à Vénable et installe 3 canons de 25 qui viennent d’arriver. Je dispose aussi d’un canon de 47. Dès lors, mon P.C et celui du Capitaine Levêque se superposent. Nous nous installons dans une maison misérable, sale et en désordre.

Triste fin de journée.

La nuit arrive.

Le Lieutenant de Courson est mis à ma disposition avec quelques éléments du 4ème Hussards. Je lui donne une mission. Je passe la nuit sur une chaise, j’ai sommeil, j’ai faim aussi, je n’ai pas mangé depuis la veille, mais la fatigue l’emporte.

Le lendemain matin au petit jour, la fête reprend, les Allemands attaquent, les obus tombent sur le village, mon groupe de mitrailleurs commandé par le M.D.L. Barker est annihilé, un tireur tué, plusieurs blessés.

Je mets le Colonel au courant de la situation. Il n’a rien et ne peut rien: pas de moyens de transmission, pas d’artillerie, aucun moyen de signalisation, service sanitaire inexistant. La situation est fort compromise lorsque vers 10 heures je reçois 2 autos mitrailleuses. Elles sortent du village: la première, touchée par une arme anti-char, s’arrête, la 2ème se replie. Les autos mitrailleurs de la 1ère voiture, morts ou vivants, resteront dans leur cercueil de fer.

A midi, l’ordre de repli arrive.

Les canons de 25 et 47 partent les premiers, le repli se fait en bon ordre, les Allemands fort heureusement, hésitent à pénétrer dans le village; nous pourrons atteindre le Château d’Ailly sans perte! Nous marquons un temps d’arrêt sur la route de Louviers.

Le Colonel regroupe ce qui lui reste de son régiment. Les renseignements que nous possédons sur la situation générale sont peu nombreux et peu précis. Les emplacements des P.C nous sont à peine connus. Le Colonel, apprenant que la brigade est à Hondreville décide de s’y rendre, tandis que le régiment se portera dans la direction de Cailly. Il me demande de l’accompagner.

A Hondreville, tout paraît calme, les rares habitants qui y sont restés ne se doutent pas du danger imminent; nous non plus d’ailleurs.

Le pont d’Heudreville n’étant pas praticable, le Colonel me demande de faire une reconnaissance de tous les passages sur l’Eure depuis Pacy jusqu’à Acquigny. Cette reconnaissance me permettra de connaître parfaitement le terrain, ce qui me sera bien utile le lendemain.

Le soir, nous mangeons enfin!

Sur une table, avec une serviette, une assiette, un, couvert! La maison fort luxueuse dans laquelle nous nous installons, vient d’être quittée par ses propriétaires. nous nous répartissons les chambres. Celle qui m’est dévolue appartient, je le présume, à la petite fille de la maison. Sur les meubles, des objets divers, des bracelets, quelques images, la fillette doit avoir une dizaine d’années. Le divan est défait, on a l’impression que cette pauvre petite, éveillée très tôt, a été emmenée précipitamment par ses parents. J’en éprouve une certaine émotion en pensant à mes petits. Je me couche et dors profondément il est si rare de coucher dans un lit!..

Le lendemain, la journée sera agitée.

Les Allemands progressent. Sans idée d’ensemble, les troupes que l’on peut atteindre, reçoivent une mission. Quelle mission! on fait feu de tout bois. Il faut tenir, n’importe où, peu importe si les moyens sont insuffisants. Bref, nous défendrons l’Eure depuis Acquigny jusqu’à Pacy sur Eure. Le 6ème Dragons sera dans la région de Heudreville Cailly, le 4ème Hussards plus à l’Est, vers Pacy sur Eure.

Au début de la matinée, le Colonel à envoyé le Capitaine Dauxerre faire une reconnaissance au Nord de l’Eure, à Fontaine, où sera installé le P.C.

Comme toujours, les événements vont plus vite que nous ne le pensions. Le Colonel parait inquiet. Ce n’est pas au Nord de l’Eure mais bien au Sud que nous serons obligés d’installer le P.C. La défense se bornera à l’occupation des ponts.

Le Colonel me demande d’aller chercher Dauxerre... les premiers coups de fusil viennent de partir. Il me dit de faire vite! J’ai compris; je pars en auto et arrive au pont de Cailly déjà occupé par une auto-mitrailleuse française. Des pelotons, celui du Lieutenant de Courson en particulier, sont installés dans les fossés de la route; sur les crêtes, en face, les Allemands débouchent. Je marque un temps d’hésitation, quitte ma voiture, prends un side-car, plus souple pour les demi-tours et à Dieu vat! Je pars. Je dis au conducteur d’accélérer l’allure, nous filons à 60 à l’heure. Je me trompe de route à une patte d’oie, je me rabats vers la gauche et arrive à Fontaine. Dauxerre, inquiet, commençait à se demander par quel itinéraire il pourrait sortir de ce mauvais pas. Avec beaucoup de conscience, il avait préparé la maison qui devait abriter le P.C. Je lui fais signe, lui crie de monter en side, fais demi-tour sans m’arrêter et fonce à toute vitesse en direction du pont de Cailly. Dauxerre me suit. Nous franchissons le pont. Les balles sifflent. Quelques instants après, il aurait été trop tard. Dauxerre me dira: "je brûlerai un cierge pour vous, vous le méritez bien". Le Colonel est assez heureux de ce coup rapidement exécuté.

La pression s’accentue, nous ne pourrons tenir longtemps sur l’Eure.

Le Colonel me confie une autre mission.

Il s’agit d’aller à Heudreville au devant du peloton Larrieux, qui a reçu l’ordre de venir au pont de Cailly. La rive Ouest de l’Eure est battue par le feu ennemi, je pars à pied, trouve un vélo, l’enfourche, mais ne peux atteindre Heudreville.

Je reviens sur mes pas, trouve le Colonel qui met une voiture à ma disposition. C’est par un itinéraire détourné, en évitant le chemin qui longe l’Eure, que j’arrive à Heudreville. Le P.C. de la brigade s’y trouve encore mais la situation est grave. Je vois le Capitaine Levêque et lui transmets les ordres du Colonel concernant le peloton Larrieux.

Celui-ci devra s’installer sur les crêtes qui dominent l’Eure. Cette mission ne pourra d’ailleurs pas être exécutée. Je reviens sur mes pas, par le même chemin, et trouve le Colonel sur la route suivie.

L’ordre de décrocher a été donné.

Dès lors, sur un itinéraire de repli, nous formerons des bouchons, ces bouchons tant à la mode, qui n’ont pas ralenti l’ennemi. Nous faisons 40-50-60 kilomètres parfois plus et nous arrêtons. Se reposer, manger, il n’y faut pas songer. Nous occupons le terrain puis repartons, sans que le contact ne soit pris par les Allemands. Les postes de commandement se déplacent eux aussi au gré des événements, nous en ignorons souvent les emplacements. La course aux P.C. commence. Pour ma part, dans une même journée, je pars sur les routes craignant à chaque tournant de tomber sur quelques détachements ennemis.

11 Juin

Le 11 Juin, je remplis une de ces missions.

Je trouve la Division dans une ferme; devant la porte une auto-mitrailleuse française assure la défense du P.C. Les Officiers d’EM sont inquiets. La division, étalée sur un large front, est dans une situation critique, l’emplacement de certaines unités est inconnu. J’ai l’impression de la Général éprouve une vive satisfaction en me voyant, il va savoir enfin où est le régiment.

Je lui rends compte de la situation.

Le Colonel Jacottet, après la rupture du combat sur l’Eure, a pris la décision de se replier en direction de la Mayenne. Le Général est satisfait: "dites à votre Colonel que le salut est vers l’Ouest, que tout ce qu’il a fait est bien, que je le complimente", etc, etc... Je place quelques mot encore: "les hommes sont exténués dis-je, mais ils font preuve de beaucoup de courage". Je prends congé. Quelques heures après, le Général quittait son P.C. protégé par l’auto-mitrailleuse.

Une fois encore, l’ennemi était là.

Après avoir quitté le P.C. de la division, je me suis rendu au P.C. de la brigade.

Même réception, Le Général, ignorant tout du 6ème Dragons est heureux de me voir. Il me me cache pas que la situation est grave. Il me donne des ordres à transmettre au Colonel Jacottet. Je prends congé et rejoins Saint-Aubin d’Ecrouville, où le régiment arrive quelques instants après moi.

Les chevaux sont au bivouac, devant le Château. Nous pouvons enfin faire un peu de toilette, et prenons un repas hâtivement préparé.

La nuit vient.

Les uns vont se reposer sur la paille, d’autres trouvent un lit. A minuit, le Colonel nous fait appeler. Il faut se préparer à partir! Les chevaux sont sellés.

Nous ne quittons Saint-Aubin qu’au jour, vers 5 heures du matin. Le Colonel connaissant parfaitement la région évite les grands axes qui sont peu surs, nous prenons des chemins de moindre importance; dans les villages, les paysans nous distribuent du tabac, des biscuits, des chocolats fins, que sais-je encore, toutes choses provenant de coopératives hâtivement abandonnées par les Anglais




ci joint le lien pour les sources complétes



http://war.megabaze.com/page_html/099-The%20wars%2014-18%20and%2039-45

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Message par ROCO le Lun 4 Déc - 10:01

Pourquoi se faire tuer comme mon père lorsque je vois le Colonel L et tant d'autres qui ne pensent qu'à fuire loin des combats .Ceux comme le commandant DONES devaient se battre et faire tuer du monde pour un armistice quelques jours après......Les morts ont elles vraiment été utiles??
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Message par Guilhem le Lun 4 Déc - 19:53

Là est la situation complexe de la France. On se bat à Saumur, sur le Canal de la Marne au Rhin à coté de cela Belfort est pris s'en coup feril, et Lyon declaré ville ouvert.

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Message par ROCO le Lun 4 Déc - 22:09

N'empèche ils y en a qui non pas fait leur boulot dans cette histoire c'est certain et comme les morts n'étaient pas là pour témoigner ce sont eux qui ont été les héros!!!!
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Message par Tobrouk le Lun 4 Déc - 22:12

Le fil rouge sur le bouton rouge; le fil vert sur le bouton vert!


Mais pas si viiiiiiiiiiiiite


Amitiés lol!

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