Extrait de journal de guerre

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Europe Extrait de journal de guerre

Message par Tobrouk le Sam 7 Oct - 12:33

Journal de guerre de Félix Madouas

Je fais un retour en arrière et me retrouve en août 1939. Après avoir vécu presque trois années de caserne, trois années qui gardent une certaine beauté, car depuis que de malheurs et de tristesses. Je garderais toujours à l'esprit ces derniers jours de permission. Depuis le 12, je vivais des heures délicieuses au milieu de ma famille, au coté de ma petite Marie, de temps à autre, quelques nouvelles sur la situation amenaient un peu d'inquiétude, mais depuis septembre 1938 nous en avions un peu pris l'habitude. Mais voici le 22, le soir je me trouvais au milieu de ma famille, en un souper d'adieu à la maison de ma soeur Marinette, lorsque sur la fin on vient frapper à la porte. Un voisin de mes parents se présente, apportant avec lui ce petit billet que tant de camarades reçurent ce jour là non sans un peu d'émotion. Ordre de rentrer au quartier immédiatement, la fin du repas fut triste, la conversation se mit à rouler sur la situation car cela prenait une tournure grave. Je m'octroyais quelques heures de plus le lendemain. Là, je passais la matinée avec ma petite Marie, elle aussi bien triste, et le midi je reprenais le chemin de la gare en compagnie de mon père.

Lorsque je me rappelle ces dernières paroles, j'admire sa clairvoyance, car il me dit ses craintes : « la guerre est imminente et cette fois elle sera longue, tu passeras au moins autant que moi, me dit il, peut-être même plus ». La suite lui a donné raison. J'arrivais au quartier Boufflers dans la nuit, là je me rendis compte que les préparatifs étaient avancés, le matériel aligné déjà dans la cour comme pour le départ. Le lendemain, je me retrouvais avec les camarades échangeant nos idées, il y aura peut-être un nouveau Munich comme disaient certains, tant qu'à moi, je n'avais pas d'illusions à ce sujet depuis longtemps, aussi je ne fus pas étonné le dimanche matin de voir le 75ème prendre la route de la gare pour s'embarquer. Je ne regrettais qu'une chose, c'était de ne pouvoir partir avec mes camarades. Je disais adieu à tous ceux qui avaient vécu là quelques années d'insouciance, Dupé, Orts, Foulatier, tous les gars de Bretagne, car il y avait 70% de ces fiers gars au 75ème d'artillerie à cheval, tous joyeux compagnons, mais rudes à l'ouvrage.

quelques jours après ce fut la terrible nouvelle du 3 septembre. Je repense souvent à vous chers camarades, qu'êtes-vous devenus, captifs, d'autres je ne puis y songer sans amertume, sont restés en quelque coin du nord de la France, et tout cela dans quel but, emplir les poches de ces messieurs de l'internationale du capitalisme, il ne devait pourtant rien y avoir, la paix devait être maintenue par un nouveau Munich. Que d'erreurs, je me souviens d'une discussion qui fut chaude, à l'annonce des accords de Munich en 1938. Oh ! Quelle foi, la paix était sauvée, mais à quel prix mes chers camarades, et lorsque je pris la parole en disant que c'était reculer pour mieux sauter, je fus traité de belliciste. Et oui, j'eus bien voulu m'être trompé, mais ce n'était pas possible, n'est-ce pas Metzer ; depuis nous avons le temps de méditer.

Donc après ce départ, je restais à traîner mon ennui dans ce maudit quartier. Novembre et décembre se passèrent sans incident, arrive janvier, le pire, je suis convoqué pour passer au conseil de réforme comme tous les auxiliaires, ainsi que les ajournés. Ce fut vite fait, presque tout le monde fut trouvé bon, à part quelques uns chez les civils furent classés auxiliaires.

Après ce, les affaires ne traînèrent pas. Le 10 nous partions, ayant abandonné la tenue horizon du dépôt pour la tenue kaki, ce fut d'ailleurs le début de la neige de ce terrible hiver. Ce matin au moment de notre départ, nos bagages furent expédiés en auto à la gare, et nous priment la route à pieds pour embarquer, nous étions une soixantaine, le voyage fut monotone à part un petit accroc à Orléans avec un gars de Paname. Petite bagarre suivie d'une réconciliation en règle avec un coup de gros rouge. Ensuite nous découvrirent Bordeaux dans la neige, chose assez rare le soleil du midi ne voulut pas nous faire risette ce jour là.


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Europe Un livre interessant

Message par Tobrouk le Sam 7 Oct - 12:42


Valentin Feldman

De nombreux témoignages

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