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Message par Tobrouk le Mar 3 Oct - 19:11

Jacques Godechot historien de la Révolution française et de l'Empire, auteur de nombreux ouvrages dont au moins deux ont retenu l'attention du général de Gaulle et d'un long article sur " Charles de Gaulle, historien de la Révolution française " a tenu un journal quotidien durant les cinq années de la deuxième guerre mondiale. Il paraît intéressant de voir la façon dont l'historien qui n'a pas quitté la métropole, a perçu la France libre et son chef de 1940 à 1943.

Dans ses mémoires inédites, Jacques Godechot indique qu'en 1940, le général de Gaulle ne lui était pas totalement inconnu et poursuit : " j'avais lu dans le journal " Le Temps ", de longs comptes rendus de ses principaux livres " Vers l'armée de métier " (1934), et " La France et son armée " (1938).Mobilisé en 1940 comme lieutenant de réserve à l'Etat major de l'armée, il suit dans son journal avec assez d'exactitude le déroulement de la campagne de France, pourtant ce n'est que le 27 mai 1940, soit dix jours après qu'elle ait eu lieu, qu'il mentionne la bataille de Montcornet, mais avec une appréciation qui présage le destin du futur chef de la France libre :
" Le colonel (devenu général) de Gaulle, en tenant 48 h. à Montcornet avec sa division cuirassée a peut-être sauvé la France. "

Sources "Géopolitis"


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Europe Suite -Récit

Message par Tobrouk le Dim 8 Oct - 18:40

Quand eut lieu l'attaque allemande en 1940, les divisions blindées françaises existaient surtout sur le papier. Elles étaient sous-entraînées, sous-équipées et elles furent au surplus immédiatement éparpillées en petits paquets, pour boucher les trous là où ils s'en produisaient. Les panzers n'eurent pas de peine à disperser ces petites formations au cours de leur percée dans le nord de la France, au-delà de la Meuse; mais, le 17 mai, leur avance avait été si rapide que le haut commandement allemand crut bon de leur ordonner une pause. C'est à ce moment précis que De Gaulle reçut l'ordre de couper la pointe allemande de ses bases.
De Gaulle devait attaquer en direction du nord, tandis que de l'autre côté de l'avancée allemande, une autre force blindée ferait mouvement vers le sud. Dès le départ, le plan se révéla trop ambitieux. Les prétendues forces blindées au nord ne se manifestèrent pas et, au sud, l'offensive ne dépassa pas l'ampleur d'une manifestation sans effet. L'attaque éclair des Allemands bouleversa complètement le mode de pensée de l'état-major français, qui sombra dans le défaitisme. Certaines unités de l'armée française, comme l'infanterie coloniale ou les chasseurs alpins, sans doute ne subirent pas cette contagion, laquelle, semble-t-il, avait gagné les hommes de De Gaulle.



Il avait pris le commandement de la quatrième division blindée, qui était en quelque sorte une division fantôme. Quand il arriva à son poste, De Gaulle ne trouva u'une esquisse d'unités de chars, un embryon d'état-major et un ramassis de soldats démoralisés, encombrés de réfugiés. Faissant contre mauvaise fortune bon coeur, il décida de lancer une attaque en direction de Moncornet, situé à 32 km à l'intérieur des lignes allemandes, telles qu'elles venaient de s'établir alors.
En vue de cette attaque, il ne parvint à rassembler que trois bataillons de chars, dont deux étaient composés de petits chars Renault R 35, ayant pour armement un canon de 37 mm court. Seul le troisième bataillon, avait une compagnie d'excellents chars D-2, les deux autres compagnies disposaient de blindés armés de canons de 37 mm longs, mais elles avaient été récemment formées et n'avaient reçu aucun entraînement valable.



Un bataillon d'infanterie, transporté dans des autobus réquisitionnés, s'ajoutait aux chars, mais il manquait totalement d'appui aérien, d'artillerie et de DCA.
Ainsi nanti, De Gaulle s'élança le 17 mai, se frayant un passage parmi les colonnes de réfugiés affolés. Les chars français rencontrèrent sur leur chemin une faible résistance et culbutèrent une unité de reconnaissance allemande par surprise, dans le village de Chivres, au cours d'un vif et bref engagement, auquel prirent part les mitrailleuses et les canons des chars. Peu après, une colonne de camions B allemands fut incendiée de façon spectaculaire. De Gaulle se trouvait non loin du petit village de Moncornet.
Il ignorait que là se trouvait l'état-major de la première division du 19e corps blindé ennemi. L'arrivée des chars français avait causé un commencement de panique dans cette zone d'arrière-front qui ne s'y attendait absolument pas. Mais il s'écoula peu de temps avant que des officiers allemands pleins d'allant ne reprennent les choses bien en main, l'un d'eux prit le commandement de quelques chars sortis d'un atelier de réparation de campagne et les lança sur les attaquants français, qui ne s'attendaient pas à pareille riposte. De leur côté, des canons antiaériens allemands ouvrirent le feu sur les Français et quelques canons antichars prirent position. Bientôt, nombre de chars français furent en flammes et les unités d'infanterie d'accompagnement arrachées à leurs autobus et mises en fuite, à moins qu'elles n'aient fait demi-tour sans avoir pris contact. Les canons allemands automoteurs se mirent de la partie et les chars français trouvèrent plus simple de retourner à leur point de départ; ils furent sans cesse harcelés par les avions en piqué Stukas omniprésents, et tout le long de leur chemin de retour attaqués de flanc par les unités allemandes de passage.

Crédit photos: Charpentier



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