devoir de mémoire pour les tirailleurs sénégalais

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Europe devoir de mémoire pour les tirailleurs sénégalais

Message par blairal1 le Ven 31 Mar - 20:25

Massacre dans un combat "pour l’honneur" au nord de Lyon, les 19 et 20 juin 1940

Le 18 juin 1940, de Londres, le général de Gaulle prononce son fameux appel. Mais, le 19, les Allemands se rapprochent de Lyon, c’est la confusion gouvernementale complète, la situation est désespérée et ce n’est pas pour rien que l’armée française place aux entrées nord de Lyon le 25ème régiment de Tirailleurs Sénégalais, évitant ainsi aux Français le maximum de pertes. Il comprend, outre quelques gradés français, surtout des Africains, notamment Soudanais et Sénégalais. Les officiers savent que ce sera un combat perdu et parlent eux-mêmes de "combat pour l’honneur".
Dans son secteur, dont la vingtaine de kilomètres de front dépasse largement ses moyens, le colonel commandant le 25e RTS a placé deux bataillons, selon les ordres reçus de son supérieur, sur "la ligne générale Curis, Saint-Germain-au-Mont-d’Or, Chasselay, Marcilly-d’Azergues, Lozanne, L’Arbresle" et s’est gardé une faible réserve à hauteur de Champagne-au-Mont-d’Or où il a installé son PC. Mais ces ordres précisent en outre : « En cas d’attaque, tenir tous les points d’appui sans esprit de recul, même débordé. Conserver à tout prix l’intervalle Saône-Azergues par où passe la N 6. » On le voit, au besoin, se faire tuer sur place.
La bataille fait rage ce 19 juin dès 9h30, et particulièrement à Chasselay, devant le couvent de Montluzin, submergé par les Allemands vers 16h. Le 20 juin, près de la montée de Champagne, 27 d’entre eux sont fusillés alignés contre un mur au bas de la montée de Balmont ; au lieu dit "Vide-Sac", tous les Africains sont hachés à la mitrailleuse et au canon des chars allemands. Les blindés écrasent de leurs chenilles les morts et les agonisants. Partout, par racisme, les nazis font la chasse aux Africains pour les abattre, y compris les prisonniers, laissant la vie sauve aux blancs. Au cours de ces journées, tous les soldats africains découverts par les Allemands sont systématiquement exécutés. La tuerie sera telle que sur 1 800 hommes, il y aura 1 333 morts et ce seront presque tous des Africains.

Un cimetière, appelé Tata sénégalais a été érigé par la suite à Chasselay, ne contenant que 188 corps, les autres victimes ayant été pour la plupart brûlées sur place. Mais à Lyon on se souvient surtout, quand on parle des désastres de cette guerre, des bombardements américains de 1944, ayant touché plus profondément la population lyonnaise, et qui ont fait, eux, 717 victimes.

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Europe Re: devoir de mémoire pour les tirailleurs sénégalais

Message par Guilhem le Ven 31 Mar - 20:47

Merci, de ce point d'histoire pas assez connu.

Le "grand" Rommel y est aussi allez de son massacre de tirailleurs en Normandie

Guilhem
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Message par Tobrouk le Ven 31 Mar - 20:54

Trop oubliés de l'histoire, les Sénégalais ont aussi rougi la Terre de France!

On en parle pas assez!

Merci d'avoir rappelé ce massacre, pour ne pas oublier!


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Message par Guilhem le Ven 31 Mar - 21:12

Dans le même ordre à Domptail 32 officier et soldat du 146e RIF, l'unité allemande compable appartenait la 198e IR.

Guilhem
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Europe Re: devoir de mémoire pour les tirailleurs sénégalais

Message par blairal1 le Mar 5 Sep - 23:26

Guilhem a écrit:Dans le même ordre à Domptail 32 officier et soldat du 146e RIF, l'unité allemande compable appartenait la 198e IR.

On trouve le récit des évenements ayant eu lieu à Domptail le 20 juin 1940 sur le site du Kerfent . L'unité responsable du massacre dépendait du 2e bataillon (II.Abteilung) du 305.Infanterie Regiment de la 198.Infanterie Division. Un lieutenant allemand commandant l'une des compagnies impliquées, a été retrouvé en 1950 et accusé de crime de guerre.

Allez voir le lien : http://www.kerfent.com/domptail.htm

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Europe Re: devoir de mémoire pour les tirailleurs sénégalais

Message par blairal1 le Mar 5 Sep - 23:30

Extrait du site http://perso.orange.fr/adelaitre/43tirailleurs.htm


Les 43 tirailleurs de Clamecy


Il parait important pour évoquer le tragique massacre des 43 tirailleurs sénégalais de Juin 1940 de faire un bref rappel historique de la guerre 1914-1918, « la Grande Guerre ». En septembre 1914, face à face, une population de 60 millions d’Allemands contre une de 36 millions de Français. Le Général Mangin fait alors appel aux indigènes des colonies, regroupant 15 millions d’Arabes d’Afrique du Nord, 20 millions d’Indochinois, 3 millions de Malgaches, 100 000 Somaliens et Canaques et 22 millions de Noirs Africains, portant ainsi à 100 millions d’hommes, regroupés sous le drapeau français. 600 000 coloniaux de l’Empire viennent au secours de la France comme « sujets » et non comme citoyens. Les tirailleurs sénégalais regroupant une cinquantaine d’ethnies et d’autant de dialectes, forcent l’admiration pour leur combativité et leur bravoure. 80 000 ne reverront jamais leurs villages. Encensés durant le conflit, leur rôle sera minoré après la guerre. L’Exposition coloniale de 1931 au parc de Vincennes « exhibent » des Africains dans leurs « cases originales ». C’est le témoignage du peu de considération à cette époque pour les hommes à peau noire qui sont de race inférieure.
En septembre 1939, on fait de nouveau appel aux « coloniaux ». Quatre sur dix tirailleurs se font massacrés en Bourgogne. D’autres sont faits prisonniers .bien qu’ils aient montré une bravoure redoutable dans les combats, ils sont considérés par les nazis comme des « sous hommes », donc désarmés mais humiliés et abattus. En ce qui concerne la tuerie de Clamecy, beaucoup de points demeurent obscurs, le massacre n’ayant, semble-t-il pas, avoir eu de témoins dans la population, en dehors des autres prisonniers ; les tirailleurs avaient été rapidement séparés des autres détenus et conduit au camp de jeunesse aux environs de la Gare.
Une lettre du Docteur F. Subert du 16 novembre1947 offre un témoignage authentique :

« Monsieur le Maire,
J’apprends par le Journal du Centre, la formation sous votre présidence d’un comité prenant à tâche l’exécution d’une stèle commémorant le massacre en juin 1940 de malheureux soldats sénégalais dans la plaine de La Forêt.Cette initiative reprend le projet de la municipalité dont je faisais partie d’honorer la mémoire de ces victimes de la barbarie allemande, projet dont la présence agissante des occupants nous obligeait à remettre l’exécution après leur départ.Nous avions envisagé l’achat et l’aménagement de la Pépinière, témoin de ce crime, et l’aménagement d’un terrain d’accès, comme il est prévu éventuellement dans l’un des projets du nouveau comité. Il nous paraissait que ces braves tombés pour la France sous la mitraille allemande, avaient droit à ce coin de terre, lieu de leur martyre, et qui, vous ne l’ignorez pas, reçoit fréquemment le pieux hommage de la visite des Clamecycois.Aux 41 tirailleurs fauchés par les mitrailleuses, (sous l’œil, ne l’oublions pas, des caméras filmant leur course effrénée sous les balles pour la propagande, comme pour les scènes de pillage des boutiques par des Français), nous avions aussi les deux autres « soldats noirs français », assassinés à bout portant et enterrés sur place dans l’enclos de Bagatelle et à l’inhumation desquels j’avais présidé quelques mois plus tard. Je me permets une suggestion : ne pourrait-on obtenir l’inhumation pour le joindre à ses frères d’armes et de race, du 44ème tirailleur qui avait pu échapper au massacre,et s’était réfugié dans les bois du Val des Rosiers, et qui, quelques jours plus tard, traqué dans une battue, avait été abattu comme une bête sauvage et enterré sur le territoire de Poil Roty. Nous n’avons pu le faire exhumer à temps pour le confier à la terre de la Pépinière. Il était depuis dans le cimetière d’Oisy. »

Cette lettre du Docteur Subert nous donne des indications précises sur le nombre d’exécutions :

- 41 fusillés sur la plaine de La Forêt au lieu dit la Pépinière, le 18 juin 1940 un prisonnier ayant réussi à s’échapper.
- 2 abattus sur le terrain de Bagatelle en juillet 1940, car porteurs de couteaux ou rasoirs.
- le rescapé de la fusillade de la pépinière aurait erré plusieurs jours avant d’être abattu « comme une bête sauvage » et enterré au cimetière d’Oisy, sur la demande du maire, avec l’accord des occupants, à condition que l’inhumation est lieu très tôt le matin ou à la nuit tombée.

Les relations faites de l’événement à postériori sont souvent au conditionnel. Le 24 juin, A.Chavance écrit sur son « bloc-notes » : « J’apprends par la mairie que les Allemands auraient fusillé une vingtaine de Noirs près du cimetière. » La raison de ce massacre donné par R. Bucheton serait qu’un prisonnier « a mordu de toutes ses forces un officier S.S. visitant le camp. » Provocation raciste du militaire ? Geste désespéré du prisonnier ? Il semblerait que les Africains aient été répartis en deux groupes ; un premier groupe de vingt et un, fusillé en représailles ; le second également de vingt et uns étant désigné pour enterrer les morts du premier. Et qui devant son manque d’ardeur aurait été également exécuté sur place. Les 43 tirailleurs exhumés de la Pépinière sont placés le 20 juin 1948 dans l’ossuaire du cimetière, puis « déplacés une dizaine d’années plus tard. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les restes des 43 tirailleurs de Clamecy ont disparu ! Leur souvenir se perpétue par le nom d’une rue partant de la rue du port Saint Roch à la route de Surgy ; ainsi qu’un très beau monument dû au sculpteur Robert Pouyaud, inauguré le 20 juin 1948 sur le lieu de leur exécution. Le massacre des tirailleurs de Clamecy n’est malheureusement pas unique. Entre Le12 et le 16 juin, vers Maintenon, en Eure et Loir, suite à des combats menés par le 26ème régiment de tirailleurs sénégalais, les prisonniers sont froidement exécutés. le préfet du département de l’époque refuse de signer un acte rendant ces prisonniers responsables de méfaits envers la population. Son nom : Jean Moulin. Les 19 et 20 juin à Chasselay, au nord de Lyon, une compagnie du 25ème régiment de tirailleurs sénégalais résiste durant plusieurs jours. Lors de la prise des positions, les Allemands achèvent les blessés, conduisent les prisonniers dans un champ où deux chars tirent sur eux à la mitrailleuse et roulent sur leurs corps pour poursuivre ceux qui tentent de s’enfuir. A Chasselay, un « Tata »(enceinte de terre sacrée où l’on inhume les guerriers morts au combat), rassemble les 188 soldats massacrés.

N’oublions pas :

Felvin-Palfart (Pas de Calais) ;

Erquinville et Cressansacq (Oise) ;

Montkermé (Ardennes) ;

Airesnes (Somme) etc.

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Message par Invité le Mer 6 Sep - 1:22

Cet exposition de tels actes démontre également que les crimes imputés aux allemands qui sont comis en mai-juin 40 sont pour la grande majorité exécutés par des unités de la wehrmacht !!

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Message par Myth le Mer 6 Sep - 2:05

Dans toutes guerre il y a des bons et des mauvais des 2 côtés, par exemple toutes les forces allemandes combattantes à la Horgne ont rendu hommage à l'héroisme des spahis lors de cette bataille alors qu'il y avait des exécutions sommaires juste à côté

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Message par Dario le Ven 17 Nov - 2:22

Madame, Monsieur,

Je suis auteur-réalisateur de documentaires et je tourne actuellement un documentaire sur l’histoire des combats de juin 1940 et le cimetière Tata Sénégalais de Chasselay (Rhône). Dans ce cadre, je mène des recherches pour pouvoir illustrer les divers témoignages que je suis en train de recueillir (images, sons, etc). Je cherche également à retrouver des survivants ou bien des descendants de ceux-ci aussi bien en Allemagne qu’en France et en Afrique.
Dans ce but, je voudrais savoir quelle documentation vous auriez sur le sujet, ainsi que sur les 25° Régiment de Tirailleurs Sénégalais et la deuxième division blindée « Totenkopf » SS.

Je reste à votre entière disposition pour toute information complémentaire. En vous remerciant pour votre atention, je vous prie d’agréer, madame, monsieur, l’expression de mes sentiments distingués :
Dario Arce.

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