L'armée allemande en France occupée

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drapeau L'armée allemande en France occupée

Message par Tobrouk le Mar 19 Aoû - 21:46

La présence militaire allemande en France 1941-1944

de Loïc Bonal

(14/01/2006 22:39:21)

Afin
de résumer un peu les débats sur la question, que la multiplication de
contributeurs a eu tendance à brouiller, et afin d’offrir une synthèse
plus claire du sujet, voici ce qu’on peut dire de la présence militaire
allemande en France entre mai 1941 et juin 1944. Ces deux dates
s’expliquent par le fait que la première coïncide avec la fin des
préparatifs de l’opération "Barbarossa" et la mise en place d’un
contingent destiné à être stable, la seconde avec le débarquement allié
en Normandie.


Ne
sont mentionnées que les divisions de campagne et de réserve, les
seules unités qui ont des historiques suffisamment précis et documentés
pour que l’on connaisse leur présence mois par mois. (...)




1)
Point de départ : mai 1941. Sont présentes en France occupée 30
divisions, certaines en réserve générale de l’Oberkommando des Heeres,
d’autres sous le commandement direct de la Heeresgruppe D (qui est
chargée du contrôle des unités en occupation en France) et des trois
armées qui la composent (1. Armee sur le littoral atlantique et pour
contrôler la Demarkationslinie, 7. Armee en Bretagne et en Normandie,
15. Armee dans le nord et en Belgique) :


réserve générale de l’OKH : cinq divisions (Polizei Division, 15., 52., 86. et 95. Infanterie Divisionen).

occupation :
24 divisions (81., 83., 88., 205., 208., 211., 212., 215., 216., 223.,
225., 227., 302., 305., 320., 321., 323., 327., 332., 333., 335., 336.,
337. et 340. Infanterie Divisionen).


point
particulier : la 319. Infanterie Division est stationnée dans les îles
anglo-normandes (Kanalinseln). Depuis novembre 1940, sont présentes
dans les "Reichsländer" français (Alsace-Moselle) les Divisionen Nr.
148 et 158 (Metz et en Alsace), ainsi que la Division Nr. 182 à Nancy.
Divisions d’instruction, elles n’ont qu’une faible valeur militaire, et
sont considérées comme en Allemagne, pas en France. La 339. Infanterie
Division est en France jusqu’en mai 1941, et part dans le mois pour le
Front de l’Est, aussi ai-je décidé de ne pas la prendre en compte, mais
je la mentionne quand même.


en
Belgique : 304. et 306. Infanterie Divisionenc(ces deux divisions ne
sont pas prises en compte), la 336. Infanterie Division quitte la
Belgique au mois de mai 1941 pour le secteur du Havre, peut-être des
éléments des 216. et 323.


en Hollande : 82. Infanterie Division.

Si
on exclut les divisions de réserve générale qui ont vocation à court
terme à rejoindre le Front de l’Est et qui appartiennent à des vagues
d’infanterie diverses et variées (1., 2. et 5. Wellen), les autres
divisions appartiennent aux 3. (205., 208., 211., 212., 215., 216.,
223., 225. et 227.), 6. (81., 83. et 88.), 13. (302., 305., 319., 320.,
321., 323. et 327.) et 14. (332., 333., 335., 336., 337. et 340.)
Wellen.


Elles
ont une structure globalement identique aux divisions des premières
vagues (infanterie organisée sur un schéma ternaire, un régiment
d’artillerie à trois ou quatre groupes), mais sans doute allégée dans
les unités élémentaires ce qui leur donne un effectif compris vers 15
ou 16.000 personnels (effectifs théoriques d’une division d’infanterie
de la 1. Welle mobilisée en septembre 1939 : 17.734 hommes).


En
ne comptant que ces divisions, évaluées pour simplifier le calcul à
15.500 personnels, on a donc, en mai 1941 : 465.000 soldats, dont près
de 80.000 sont destinés à court terme au Front de l’Est. Ce chiffre ne
comprend, je le répète, que les effectifs des divisions de campagne
présentes en France.




2) Premier point intermédiaire : novembre 1941.

Cette
date a été retenue parce qu’elle constitue une période charnière : à
l’est, l’insuccès devant Moscou, suivi du début des contre-offensives
soviétiques qui vont se dérouler tout au long de l’hiver 1941-1942,
vont drainer de nombreuses forces allemandes afin de stabiliser le
front à partir du début du mois de décembre 1941. Les divisions en
occupation en France vont être mises à contribution, aussi est-il utile
d’en donner le panorama, sachant que, déjà, au cours de l’été et de
l’automne 1941, la France avait vu un turnover limité de ces unités.


Sont
présentes en France 28 divisions : 81., 83., 88., 205., 208., 211.,
216., 225., 246., 302., 305., 319., 320., 321., 323., 327., 332., 333.,
335., 336., 337., 340., 708., 709., 711., 712., 715. et 716. Infanterie
Divisionen.


En effet, auront rejoint sept divisions entre juin et novembre 1941 :

en juin 1941 : 708., 709., 711., 712., 715. et 716. Infanterie Divisionen.

en août 1941 : 246. Infanterie Division.

Seront parties entre juin et novembre 1941 neuf divisions :

en juin-juillet 1941 : Polizei Division, 15., 52., 86. et 95. Infanterie Divisionen.

en octobre 1941 : 212. et 227. Infanterie Division.

en novembre 1941 : 215. et 223. Infanterie Divisionen.

Les
divisions qui ont rejoint l’est sont les meilleures de celles présentes
en mai 1941, ne restent que les divisions des 3., 6., 13., 14. et 15.
Wellen. Cette dernière comprend des divisions très allégées (six
présentes en France), à structure binaire, qui comprennent donc à la
louche seulement 10 à 12.000 personnels.


On a donc 22 divisions à 15.000 personnels environ, et six à 11.000 (chiffre moyen). Soit près de 400.000 soldats.

La présence militaire allemande en France 1941-1944 (2)

de Loïc Bonal

(suite)

Addendum
au message ci-dessus : la 22. Panzer Division est créée en France en
octobre 1941. Les 5., 8. et 28. Infanterie Divisionen sont envoyées en
France pour conversion sur structure binaire (Leichten Divisionen) en
octobre-novembre 1941. Il convient donc de rajouter environ 50.000
hommes au total donné dans le message ci-dessus.


3) Deuxième point intermédiaire : mai 1942.

Mai
1942 est un mois significatif dans la présence militaire allemande à
l’ouest, donc en France : de nombreuses unités ont été envoyées à l’est
à partir du début décembre 1941 et jusqu’en avril 1942, remplacées par
des divisions envoyées à l’ouest pour "refitting". D’autre part, les
Allemands parfont leurs préparatifs en vue de l’offensive d’été qu’ils
lanceront en juin 1942, et préparent donc l’envoi d’autres divisions en
renfort. On est donc à la confluence de trois mouvements : le départ
des divisions de renfort pour la crise d’hiver ; l’arrivée des
divisions affaiblies pour renforcement dans la "Doulce France" ; le
départ des divisions de renfort pour l’offensive d’été.


Sont
présentes en France en mai 1942 18 divisions, dont deux blindées et
deux d’infanterie de retour du Front de l’Est dans le courant du mois
de mai (affaiblies), plus cinq divisions dont une blindée en instance
de départ pour l’est (elles partiront au cours du mois) :


en
occupation à moyen terme : 302., 319., 320., 321., 327., 332., 333.,
335., 337., 708., 709., 711., 712. et 715. Infanterie Divisionen.


de retour du Front de l’Est dans le courant du mois : 6. et 10. Panzer Divisionen, 15. et 106. Infanterie Divisionen.

en instance de départ : 24. Panzer Division, 305., 323., 336. et 340. Infanterie Divisionen.

point
particulier : la 716. Infanterie Division est envoyée en Belgique entre
février et mai 1942. Elle revient en France (secteur de Caen) dans le
mois, ce qui fait une division supplémentaire.


Dans la période s’étendant entre novembre 1941 et mai 1942, on note les mouvements suivants :

créées :

— - en mars 1942 : 23. Panzer Division.

arrivées :

— -
en février 1942 : 71. Infanterie Division (en provenance de Belgique où
elle était stationnée depuis novembre 1941 en provenance du Front de
l’Est).


— - en mars 1942 : 24. Panzer Division.

départs :

— - en décembre 1941 : 81. et 83. Infanterie Divisionen.

— - en janvier 1942 : 88., 211., 216., 225. et 246. Infanterie Divisionen, 5. Leichte Division.

— - en février 1942 : 205., 208. et 716. Infanterie Divisionen, 8. et 28. Leichten Divisionen.

— - en mars 1942 : 22. Panzer Division.

— - en avril 1942 : 23. Panzer Division, 71. Infanterie Division.

Soit
une croissance de trois divisions, dont deux blindées, pour un départ
de onze divisions d’infanterie, trois divisions légères et deux
divisions blindées.


On a donc bien là un creux dans les effectifs allemands déployés en occupation en France.

En
mai 1942, peuvent être effectivement comptées comme en occupation 19
divisions, dont deux blindées et deux d’infanterie à effectifs
incomplets. A celles-ci, il convient de rajouter les cinq divisions,
dont une blindée, qui sont sur le départ, mais je ne pense pas qu’ils
conviennent de les intégrer au total. En comptant 1) les divisions
d’infanterie des 13. et 14. Wellen (série des 300-330) à 15.000
personnels, les divisions de la 15. Welle (série des 700) à 11.000
personnels et les divisions de retour d’URSS à 12.000 personnels, on a
donc : 249.000 personnels., plus ceux appartenant aux unités en
transit.


http://www.delpla.org/article.php3?id_article=212

Panzer III Ausf B en France





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