SOUVENIR DE Georges L. (artificier à la 1ère pièce de la 3èm

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Europe SOUVENIR DE Georges L. (artificier à la 1ère pièce de la 3èm

Message par avz94 le Mer 5 Déc - 0:13

SOUVENIR DE Georges L. (artificier à la 1ère pièce de la 3ème batterie du 42° R.A.D.)

Nous étions en position au bois UCHON, en bout de bois à 150 mètres de la route qui mène aux Grandes Armoises et STONNE. Nous avons vécu les 22, 23 et 24 mai un enfer sous un déluge d'obus pendant 48 heures.
Malgré tout nous ripostions par des tirs très fournis. C'est au cours d'un de ces tirs que notre pièce a été anéantie, tuant le tireur PEINGHERUT et l'Adjudant-Chef TABARY, blessant très grièvement le chef de pièce et les autres servants. Une autre rafale est arrivée à l'emplacement du caisson. Un obus est tombé sur le bord de la petite tranchée où je m'étais accroupi. Je fus aveuglé par la flamme de l'obus et m'en tirais avec un oeil au beurre noir, les sourcils brulés et un petit éclat dans l'épaule. La flamme avait aussi mis le feu à la boite de graisse, la brosse et les chiffons.
Entre les tirs nous avons évacué nos blessés et enterré nos deux camarades.

Au fil des heures et des tirs il nous fallait toujours raccourcir la hausse, cequi devenait très inquiètant.
L'après-midi du 23 un Stuka fit son apparition et nous survola. Nous venions d'effectuer un tir et je remettais un peu d'ordre dans mon matériel. Le Stuka fit un piqué sur la pièce et balança une bombe avec un bruit impressionnant émis par sa sirène. Je fis un bond pour regagner ma tranchée abri. N'ayant pas le temps et sentant la bombe sur moi, je fis un plat ventre forcé à 3 mètres de la pièce, attendant la mort. J'entendis alors un bruit sourd : la bombe s'enfonça dans le sol sans éclater, entre la pièce et moi. Ouf ! j'ai eu chaud !

Les tirs continuaient de temps en temps et en fin de soirée notre position était critique. L'ordre était qu'il fallait tenir coûte que coûte. Entre temps l'Infanterie était descendue pour se repositionner derrière nous. Il fallais tenirpour protéger le repli.

Au matin du 24 nous étions attaqués sur notre gauche par les Allemands. Les balles nous sifflaient aux oreilles. Comme notre réserve d'obus était dissimulée dans les buissons à une dizaine de mètre derrière notre petit bois, nous avons ramené nos munitions à la pièce sous les balles et les obus. Nous avons alors pu accueillir les assaillants par des tirs fusants en débouchant à zéro.
Cela a dû faire du dégât, car nous avons été tranquilles pour le reste de la matinée.

L'ordre étant venu de se replier, nous avons employé notre temps à faire sauter la pièce, en la déclavetant et en faisant glisser le tube hors de son berceau.
C'est dur pour un artilleur de rendre inutilisable les obus et le matéreil qu'il fallait abandonner sur place.
A l'échelon qui était installé en contrebas, près de la fontaine UCHON, plusieurs tracteurs P.107 dont le mien avaient été rendus inutilisables après le pilonnage des 48 heures.

Vers 14 heures nous quittions le bois UCHON pour nous replier dans un autre bois à quelques kilomètres de là. Avec une autre pièce de 75 et des munitions, nous montions le soir en première ligne pour effectuer, pendant la nuit, des tirs sur des objectifs repérés dans la journée par l'observateur. Avant le lever du jour nous rentrions les caissons vides et chaque nuit nous remettions ça.
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